Côte d’Ivoire : à Ouyatouo, les femmes descendent dans la rue pour garder leur sage-femme Tiémoko Ligban

La mutation de Tiémoko Ligban Akouba Élanie suscite une mobilisation à Ouyatouo, dans le département de Zouan-Hounien. Les femmes et les habitants réclament son maintien au centre de santé rural et attendent une réponse des autorités sanitaires
À Ouyatouo, dans le département de Zouan-Hounien, la possible absence de leur sage-femme habituelle inquiète les populations. Depuis l’annonce de la mutation de Tiémoko Ligban Akouba Élanie, des femmes et des habitants du village ont décidé de faire entendre leur voix. Leur objectif est simple : convaincre les autorités sanitaires de revenir sur cette décision et permettre à la professionnelle de santé de poursuivre son travail auprès des patientes.
Dans les rues de cette localité de l’ouest de la Côte d’Ivoire, la mobilisation traduit l’attachement des habitants à une agente de santé qui, au fil des années, a gagné leur confiance. Pour de nombreuses femmes, son départ ne serait pas un simple changement de personnel, mais la perte d’un visage familier dans un domaine aussi sensible que la santé maternelle.
À travers cette mobilisation, les manifestants souhaitent surtout attirer l’attention des responsables sanitaires sur les conséquences que pourrait avoir cette mutation pour la communauté. Ils demandent que la situation soit réexaminée et que leur voix soit entendue.
Diplômée d’État de l’Institut national de formation des agents de santé (INFAS), Tiémoko Ligban a commencé sa carrière en 2017 à l’hôpital général de Zouan-Hounien. En septembre 2019, elle a rejoint le centre de santé rural d’ Ouyatouo, où elle accompagne depuis les femmes dans leurs besoins de santé.
Au fil du temps, la sage-femme semble avoir trouvé sa place auprès des habitants. Selon des témoignages rapportés par la presse locale, plusieurs patientes apprécient sa disponibilité, son accueil et l’attention qu’elle leur accorde.
Pour les femmes du village, ces qualités comptent énormément. Lorsqu’il s’agit de grossesse, d’accouchement ou de suivi médical, pouvoir s’adresser à une professionnelle que l’on connaît et en qui l’on a confiance peut être rassurant.
La présidente des femmes d’ Ouyatouo, Pierrette Tokalé, a ainsi exprimé le souhait des habitantes de voir la sage-femme rester à son poste. elle a notamment insisté sur l’aide que la professionnelle apporterait aux patientes, y compris à celles qui disposent de moyens financiers limités.
Derrière cette prise de position se dessine une préoccupation quotidienne : conserver un accès à des soins de proximité et préserver une relation humaine que les habitantes estiment importante pour leur santé.
La contestation fait suite à une décision administrative notifiée à la sage-femme le jeudi 8 octobre 2026.elle doit rejoindre l’hôpital général de Zouan-Hounien.
Cette perspective a provoqué l’incompréhension d’une partie des habitants, qui ne comprennent pas les raisons de ce changement. Des informations relayées par des médias locaux évoquent un différend entre la sage-femme et sa hiérarchie. Toutefois, les circonstances exactes de cette situation et les motifs administratifs de la mutation n’ont pas été clairement établis dans les informations publiques disponibles.
Les manifestants estiment que le travail accompli par Tiémoko Ligban auprès des populations devrait être pris en compte. Ils souhaitent que les autorités examinent leur demande avant qu’un changement définitif ne soit effectué.
Il importe cependant de distinguer le ressenti des habitants des raisons qui ont conduit l’administration à prendre cette décision. Sans explications détaillées de la hiérarchie sanitaire, il reste difficile de porter une appréciation définitive sur les circonstances de cette mutation.
La mobilisation d’ Ouyatouo met en lumière une réalité souvent évoquée dans les zones rurales : la présence d’un professionnel de santé apprécié peut jouer un rôle important dans la relation entre les populations et les structures sanitaires.
Pour les femmes du village, l’enjeu est de pouvoir continuer à bénéficier d’un accompagnement auquel elles sont habituées. Leur démarche vise donc à faire entendre une préoccupation collective auprès des responsables compétents.
Au-delà de cette situation particulière, l’affaire rappelle l’importance du dialogue entre les autorités sanitaires et les communautés lorsqu’une décision concernant le personnel médical suscite des inquiétudes locales. Les nécessités du service public doivent pouvoir être conciliées avec la continuité des soins et les préoccupations des patients.
À Ouyatouo, les habitants attendent désormais une réponse à leur demande. Leur mobilisation témoigne de l’attachement qu’ils disent porter à Tiémoko Ligban et de leur volonté de préserver un accompagnement de proximité. Reste à savoir si les autorités sanitaires accepteront de réexaminer la situation et quelles dispositions seront prises pour répondre aux préoccupations exprimées par les populations.
