Santé

Séguéla : alerte sur la recrudescence des décès maternels au premier trimestre 2026

Par ESSOH EmmanuelLe mercredi 24 juin 2026 à 10:08
Séguéla : alerte sur la recrudescence des décès maternels au premier trimestre 2026

Séguéla enregistre quatre décès maternels au premier trimestre 2026, dans un contexte marqué par des retards de prise en charge et des complications obstétricales.

 Le district sanitaire de Séguéla fait face à une situation préoccupante avec l’enregistrement de quatre décès maternels au cours du premier trimestre 2026, a déploré le directeur départemental de la santé (DDS), Dr Zoni Kouapeu Patrice, lors de la première réunion du Comité départemental de surveillance des décès maternels et périnatals et de la riposte (CD-SDMPR), tenue le mardi 28 avril 2026.

Cette tendance s’inscrit dans la continuité d’un bilan déjà alarmant, marqué par sept décès maternels entre janvier et octobre 2025.

Lors de la rencontre, la coordinatrice santé mère-enfant du district sanitaire, Tano Ama Catherine, a révélé que 47 accouchements à domicile ont été enregistrés en milieu urbain durant le trimestre, un chiffre jugé préoccupant.

Les acteurs communautaires, notamment la présidente de l’ONG Femme Sabari, Binaté Assa, ont insisté sur la nécessité de garantir la gratuité des soins maternels et d’assurer un accueil plus humain et respectueux des femmes dans les structures sanitaires.

La réunion s’est tenue sous la présidence du secrétaire général de préfecture, Ango Aristide, en présence des responsables sanitaires, des ONG et des leaders communautaires.

Les investigations menées par les experts de santé ont mis en évidence plusieurs facteurs déterminants qui explique ces drames notamment :

le retard dans le recours aux soins spécialisés

les complications obstétricales aiguës, en particulier les hémorragies du post-partum et les troubles de la coagulation

le recours à des pratiques traditionnelles à risque

la consommation de décoctions traditionnelles durant la grossesse ou le travail

l’insuffisance du suivi prénatal, malgré les recommandations des consultations prénatales (CPN)Les autorités sanitaires appellent ainsi au respect strict du suivi médical des grossesses, à la fréquentation régulière des structures de santé et à l’abandon des pratiques traditionnelles dangereuses.

La riposte repose également sur une forte implication communautaire. Les autorités locales, chefs de villages et leaders d’opinion sont invités à intensifier les actions de sensibilisation en faveur de l’accouchement en milieu médicalisé.

Le système de Surveillance des Décès Maternels, Périnatals et de la Riposte (SDMPR) permet l’audit systématique de chaque décès maternel afin d’en déterminer les causes et de corriger les défaillances du système de santé.

En Côte d’Ivoire, le ratio de mortalité maternelle est estimé entre 385 et 460 décès pour 100 000 naissances vivantes, avec de fortes disparités :

en Milieu rural : environ 556 décès pour 100 000 naissances

en Milieu urbain : environ 354 décès pour 100 000 naissances

Des zones urbaines comme Abobo et Yopougon restent également concernées.

L’objectif national, en lien avec les Objectifs de Développement Durable (ODD), est de ramener ce taux à 140 décès pour 100 000 naissances vivantes.

Les complications les plus fréquentes sont :

Les hémorragies obstétricales, première cause de décès maternel

Les troubles hypertensifs de la grossesse, dont la prééclampsie

Les retards de prise en charge liés aux accouchements à domicile ou aux difficultés d’évacuation

Avec le soutien du gouvernement et de partenaires comme l’OMS et l’UNFPA, plusieurs actions sont engagées :

Amélioration de la qualité et de la gratuité ciblée des soins maternels

Renforcement des compétences des sages-femmes et des matrones

Mise en place d’un système renforcé de surveillance et d’audit des décès

La situation du district sanitaire de Séguéla rappelle l’urgence de renforcer la prévention et l’accès aux soins maternels. La réduction des décès maternels passe par un suivi prénatal rigoureux, une prise en charge rapide des urgences et une mobilisation communautaire accrue pour garantir des accouchements sécurisés.