Politique

Côte d’Ivoire : le secteur de la publicité réorganisé avec plus de 2 000 emplacements contrôlés

Par ESSOH EmmanuelLe lundi 13 juillet 2026 à 15:52
Côte d’Ivoire : le secteur de la publicité réorganisé avec plus de 2 000 emplacements contrôlés

La Côte d’Ivoire renforce la régulation de la publicité avec des contrôles stricts du CSP, l’interdiction des messages trompeurs et la réorganisation de l’affichage publicitaire

Pour mieux encadrer le secteur, le gouvernement ivoirien a engagé une vaste réorganisation de l’affichage publicitaire. À ce jour, 157 axes ont déjà été réorganisés, permettant de définir plus de 2 000 points d’emplacement dédiés aux panneaux publicitaires. L’annonce a été faite mardi 02 juin 2026 à Abidjan-Plateau, lors de la tribune d’échanges « Tout Savoir Sur » (TSS), organisée par le Centre d’Information et de Communication Gouvernementale (CICG).

Intervenant sur le thème « La régulation du secteur de la publicité en Côte d’Ivoire », Alassane Koné, Conseiller technique au Conseil Supérieur de la Publicité (CSP), a indiqué que plusieurs réformes structurantes ont été engagées sous l’impulsion du ministère de la Communication.

La publicité en Côte d’Ivoire est encadrée par la loi n°2020-496 du 16 juin 2020 portant régime juridique de la communication publicitaire. Ce texte fixe les règles applicables aux annonceurs, aux agences de communication et aux diffuseurs.

La réglementation interdit notamment les messages publicitaires mensongers ou trompeurs, c’est-à-dire ceux qui utilisent des informations fausses, ambiguës ou incomplètes susceptibles d’induire le consommateur en erreur. Ces pratiques sont également réprimées par la loi n°91-1000 du 27 décembre 1991.

Toute campagne publicitaire doit obtenir un visa ou une validation préalable du Conseil Supérieur de la Publicité (CSP), chargé de contrôler la conformité des messages diffusés.

Plusieurs catégories de produits ou services ne peuvent être promues auprès du public. Il s’agit notamment : des armes à feu et explosifs, des produits issus de la contrefaçon ou de la contrebande, des morgues, effets mortuaires et établissements sanitaires, certains produits médicaux et cosmétiques soumis à des autorisations spécifiques.

Les médicaments et produits cosmétiques font l’objet d’un contrôle particulier et doivent respecter des exigences réglementaires, notamment la présentation de certificats de qualité lorsque cela est requis.

Concernant la médecine traditionnelle, les tradipraticiens ne sont pas autorisés à faire de la publicité dans les médias, sur la voie publique ou à la télévision. Ils ne peuvent pas non plus utiliser des titres professionnels réservés comme « Docteur » ou « Professeur ».

L’affichage publicitaire sauvage constitue également une infraction. Dans le District autonome d’Abidjan, les installations de panneaux sans autorisation ou en dehors des espaces prévus font l’objet d’opérations de contrôle et de retrait.

Dans le secteur audiovisuel, la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA) encadre la diffusion des publicités étrangères. Les chaînes établies en dehors de l’espace UEMOA ne peuvent pas commercialiser directement des espaces publicitaires destinés au public ivoirien.

Avec ces différentes mesures, l’État ivoirien entend renforcer la transparence du marché publicitaire, protéger les consommateurs et instaurer un environnement plus organisé pour les professionnels du secteur.