Faits divers

Lutte contre la drogue : la police multiplie les descentes à Cocody-Angré

Par ESSOH EmmanuelLe mardi 1 septembre 2026 à 11:31
Lutte contre la drogue : la police multiplie les descentes à Cocody-Angré

Angré, quartier résidentiel réputé de Cocody, continue d'attirer l'attention des forces de l'ordre. Fumoirs détruits, cannabis saisi : la traque contre les trafiquants s'y intensifie depuis plusieurs mois

Derrière les grilles cossues et les villas d'Angré, un autre visage de Cocody refait régulièrement surface : celui de petits repaires clandestins où l'on vend et consomme du cannabis. Depuis plusieurs mois, la police multiplie les descentes dans ces lieux, bien décidée à ne laisser aucun quartier à l'écart de sa traque contre la drogue.

Un coup de filet massif à la mi-août

La dernière opération en date s'est déroulée le 18 août 2026. Ce jour-là, les policiers ont détruit cinq fumoirs, répartis entre Abobo et Cocody, selon une note officielle de la Direction Générale de la Police Nationale. Le butin saisi donne une idée de l'ampleur du trafic : 11 kilos de cannabis, une centaine de sachets supplémentaires, et 55 plaquettes de Tramaking, ce médicament détourné qui revient presque systématiquement lors de ce genre de saisie.

Cette intervention n'est pas isolée. Elle s'inscrit dans « Vacances Sécurisées », une opération lancée par la police pour garder un œil serré sur le trafic de drogue pendant la période estivale, un moment de l'année où la vigilance des forces de l'ordre se renforce habituellement.

Angré, un habitué des descentes de police

Le quartier d'Angré, à Cocody, revient sans cesse dans l'actualité sécuritaire. Fin juillet déjà, les policiers du commissariat du 40ᵉ arrondissement avaient rasé un fumoir niché dans le ravin de la Cité Orange, à Angré-Château. À leur arrivée, les occupants avaient déjà pris la fuite, mais les fouilles ont parlé pour eux : une cinquantaine de boulettes de cannabis, des seringues, des pipes artisanales et divers objets tranchants, autant de traces d'une consommation bien installée sur place.

Quelques mois plus tôt, en mai, une opération d'ampleur baptisée « Épervier XI » avait mobilisé la Brigade de recherche et d'intervention Nord dans plusieurs recoins de Cocody : Akouédo Attié, Abatta, Cité Sir, Djorobité. Bilan : quatre fumoirs détruits, une moto saisie et trois personnes interpellées.

Raser les lieux pour casser les réseaux

Pour la police, détruire physiquement ces fumoirs n'est pas un simple symbole. C'est une méthode assumée : en supprimant l'endroit où les trafiquants s'installent, même lorsque les consommateurs ont eu le temps de s'échapper, les forces de l'ordre espèrent rendre la vie plus compliquée aux réseaux qui gravitent autour. Chaque saisie vient ensuite alimenter le travail de la Section Anti-Drogue, chargée de continuer l'enquête et, si possible, de remonter la chaîne jusqu'aux fournisseurs.

 Et Cocody n'est pas un cas à part. Un peu partout dans le district d'Abidjan, d'autres commissariats et unités spécialisées mènent le même type de descentes, semaine après semaine, dans le cadre d'une offensive plus large contre le grand banditisme et les trafics de stupéfiants.

Même les beaux quartiers n'y échappent pas

Cocody a longtemps eu l'image d'une commune privilégiée, à l'abri des soucis qui touchent d'autres zones d'Abidjan. Mais la répétition de ces opérations, jusque dans des secteurs résidentiels comme Angré, rappelle que le phénomène des fumoirs ne s'arrête pas aux frontières sociales. Et si l'on en croit le rythme des interventions de ces derniers mois, la police entend bien continuer sur cette lancée, tant que dure l'opération « Vacances Sécurisées » à l'échelle du district.