Côte d'Ivoire : les véhicules roulant au gaz butane, un danger ambulant qui continue de faire des victimes

Une nouvelle explosion survenue à Bongouanou lors du rechargement illicite d'un taxi alimenté au gaz butane a fait trois blessés. Ce nouvel accident relance les inquiétudes autour de cette pratique interdite mais encore répandue en Côte d'Ivoire, malgré les risques d'explosion et les sanctions prévues par la loi.
Une nouvelle explosion liée à l'utilisation illicite du gaz butane comme carburant s'est produite le jeudi 2 juillet 2026, aux environs de 20 heures, dans le quartier Kangandi, à proximité de l'orphelinat de Bongouanou. L'incident remet une fois de plus en lumière une pratique dangereuse qui persiste dans plusieurs villes de Côte d'Ivoire malgré son interdiction par la loi.
Selon les informations recueillies, l'explosion est survenue sur un site clandestin de recharge de bouteilles de gaz butane destinées à alimenter un taxi. Le souffle de la déflagration a grièvement brûlé trois personnes, dont le chauffeur du taxi et deux passagers. Heureusement, aucune perte en vie humaine n'a été enregistrée.
Grâce à la mobilisation rapide des riverains et à l'intervention des sapeurs-pompiers, les flammes ont pu être maîtrisées avant de se propager aux habitations voisines.
Les victimes ont été évacuées vers l'Établissement public hospitalier départemental (EPHD) de Bongouanou, où elles ont reçu les premiers soins.
Cet accident est loin d'être un cas isolé. Dans plusieurs localités de l'intérieur du pays, de nombreux chauffeurs de taxi et certains propriétaires de véhicules particuliers remplacent l'essence par le gaz butane domestique afin de réduire leurs dépenses en carburant, dont les prix connaissent une hausse régulière.
Cependant, cette solution de fortune expose les conducteurs, les passagers et les populations environnantes à des risques d'explosion et d'incendie particulièrement élevés.
Les explosions impliquant des véhicules alimentés au gaz butane se multiplient en Côte d'Ivoire.
Le 16 mai 2026, à Bouaké, dans le quartier Gonfreville, une explosion survenue dans un taxi roulant au gaz avait grièvement brûlé le chauffeur et plusieurs passagers.
Le 25 août 2025, à Bongouanou, un taxi fonctionnant au gaz avait pris feu aux environs de 14 heures devant le lycée moderne de la ville.
Le 23 avril 2021, à Locodjoro, au carrefour Pinasse dans la commune d'Attécoubé, un taxi en feu avait causé la mort de deux personnes, mortes calcinées, tandis qu'une troisième victime avait été admise au Centre des grands brûlés du CHU de Cocody.
Ces différents drames illustrent les conséquences dramatiques de cette pratique illégale.
En Côte d'Ivoire, l'utilisation du gaz butane comme carburant pour les taxis et les véhicules de transport en commun est formellement interdite par la loi n° 92-469 du 30 juillet 1992.
Les contrevenants s'exposent à une peine d'emprisonnement allant de 15 jours à un an ainsi qu'à une amende comprise entre 100 000 et 500 000 FCFA.
Malgré ce cadre légal, les opérations de recharge clandestine et l'utilisation du gaz butane comme carburant persistent dans plusieurs villes du pays. Ces nouveaux accidents relancent les appels à un renforcement des contrôles, à la fermeture des sites de recharge illicites et à une sensibilisation accrue des transporteurs sur les dangers que représente cette pratique pour la sécurité publique.
