Faits divers

Odienné : un adolescent tué, la jeunesse communale appelle au calme

Par ESSOH EmmanuelLe samedi 29 août 2026 à 10:06
Odienné : un adolescent tué, la jeunesse communale appelle au calme

Une contestation arbitrale lors d'un match de football a suffi à raviver de vieilles rivalités entre les quartiers Sokourani et Yankafissa, à Odienné. Bilan : un adolescent tué, neuf blessés graves, et un appel pressant au calme

Odienné pleure l'un des siens. Le dimanche 23 août 2026, Aboubakar Touré, président de la jeunesse communale, a lancé un appel pressant au calme après plusieurs jours de violences meurtrières entre jeunes des quartiers Sokourani et Yankafissa. Un adolescent de 14 ans y a laissé la vie.

Un ballon de foot, et tout a basculé

Tout est parti d'un match de football entre quartiers, disputé au stade Mamadou Coulibaly. Une contestation arbitrale, comme il en existe des dizaines chaque week-end sur les terrains d'Odienné, a suffi à raviver de vieilles tensions entre Sokourani et Yankafissa. Du terrain, la dispute a débordé dans les rues, et entre le mercredi 19 et le vendredi 21 août, les affrontements se sont multipliés entre bandes de jeunes des deux quartiers.

Le bilan est lourd. Benogo, un adolescent de seulement 14 ans, a été mortellement agressé à l'arme blanche. Au moins neuf autres jeunes ont été grièvement blessés au cours de ces trois jours de violence.

Le président de la jeunesse au chevet d'une famille endeuillée

Avant même de s'adresser publiquement à la jeunesse d'Odienné, Aboubakar Touré s'est rendu auprès des proches de Benogo, pour leur présenter, au nom de toute la jeunesse communale, ses condoléances et partager leur peine. Un geste qui donne le ton de son message : celui d'un deuil collectif, qui ne doit appartenir à aucun camp.

Dans sa prise de parole, le président a tenu des propos sans détour. « La vengeance n'engendre que des remords et des regrets », a-t-il averti, refusant catégoriquement toute logique de représailles entre les deux quartiers. Pour lui, la ligne de fracture qui semble opposer Sokourani et Yankafissa n'a pas lieu d'être : « aucun quartier n'est ennemi à un autre », a-t-il martelé, appelant chacun à se souvenir que ces jeunes, avant d'être de « camps » rivaux, sont d'abord fils d'une même ville.

L'appel à la retenue plutôt qu'à la justice de la rue

Conscient que la tentation de « se faire justice » peut être forte après la mort d'un des leurs, Aboubakar Touré a exhorté l'ensemble des jeunes d'Odienné à privilégier la retenue, seule voie capable, selon lui, de préserver la cohésion sociale et la quiétude durement acquise dans la ville. Il a également tenu à rassurer sur le volet judiciaire du dossier, assurant que les responsabilités seront clairement établies par les autorités compétentes et que les auteurs de ces violences répondront de leurs actes devant la justice.

Une ville marquée par un passé douloureux

 Ces événements raniment de mauvais souvenirs à Odienné, où les rivalités entre bandes de jeunes de différents quartiers ne sont malheureusement pas un phénomène nouveau. La ville avait déjà connu, par le passé, des épisodes de violence similaires, parfois meurtriers, souvent nés d'un incident en apparence anodin avant de dégénérer sur fond de rancunes anciennes.

Face à ce cycle qui semble se répéter, l'appel d'Aboubakar Touré se veut un message clair : la mort d'un enfant de 14 ans ne doit pas être vengée par d'autres drames, mais servir, au contraire, de déclic pour rompre définitivement avec ces logiques de rivalité de quartier qui continuent d'endeuiller la jeunesse locale.