Côte d’Ivoire : entrée en vigueur du repos biologique pour préserver les ressources halieutiques

La Côte d’Ivoire a instauré depuis le 1er juillet 2026 le repos biologique annuel sur ses eaux marines, lagunaires et continentales afin de protéger les ressources halieutiques et encadrer durablement les activités de pêche.
Depuis le 1er juillet 2026, la Côte d’Ivoire a officiellement instauré le repos biologique annuel sur l’ensemble de ses eaux marines, lagunaires et continentales. Annoncée le 29 juin à Abidjan par le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, cette mesure vise à renforcer la protection des stocks de poissons, fortement mis à mal par la pression de la pêche intensive.
Selon les autorités, cette suspension temporaire s’inscrit dans une politique nationale de gestion durable des ressources halieutiques. Elle intervient dans un contexte de diminution progressive de plusieurs espèces, liée notamment à la surexploitation et aux activités de pêche industrielle étrangère, régulièrement pointées du doigt.
Pour cette édition 2026, les restrictions sont organisées par catégories d’activités et zones de pêche :
La pêche artisanale maritime est suspendue du 1er au 31 juillet.
La pêche industrielle chalutière ainsi que celle des petits pélagiques sont interdites du 1er juillet au 31 août.
La pêche semi-industrielle est limitée au thon et aux espèces apparentées durant la période.
Dans les lagunes et lacs (Aby, Ébrié, Grand-Lahou, Fresco, Ébounou, Lauzoua, Ayamé, Faé), les filets maillants et les nasses sont interdits du 1er juillet au 31 août.
Le filet « Aly » reste interdit jusqu’au 31 octobre.
Dans les lacs de Kossou, Buyo, Soubré et Taabo, ainsi que dans les cours d’eau associés, les mêmes engins sont interdits du 1er septembre au 31 octobre.
Ces mesures visent à réduire la pression exercée sur les écosystèmes aquatiques et à favoriser la reconstitution naturelle des populations de poissons.
Dans une déclaration destinée aux acteurs du secteur, le ministre Sidi Tiémoko Touré a rappelé que le repos biologique constitue une mesure à la fois écologique, économique et sociale. Il a également souligné que les résultats enregistrés depuis sa mise en œuvre progressive en 2023 sont jugés encourageants.
Les captures dans les eaux ivoiriennes seraient passées de 85 727 tonnes en 2022 à 102 873 tonnes en 2025, soit une hausse d’environ 20 %, confirmant l’efficacité de la stratégie gouvernementale.
Situées dans le Golfe de Guinée, les eaux ivoiriennes restent toutefois exposées à une forte pression liée à la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, qui impacte directement les pêcheurs artisanaux.
À travers cette mesure, le gouvernement entend rétablir l’équilibre des écosystèmes marins et améliorer durablement la disponibilité des ressources halieutiques.
Des dispositifs de contrôle et d’accompagnement seront mis en place afin d’assurer le respect strict de cette suspension et de limiter les activités illicites durant la période concernée.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale de gestion durable des ressources naturelles, conciliant protection de l’environnement, sécurité alimentaire et soutien aux communautés de pêcheurs.
